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Dominique Matar (Coach Transversalis)
"Management du stress : des émotions qui « prennent corps », ou comment gérer son stress en cultivant ses émotions".
Fatigue, épuisement, angoisse, hypertension, mal de dos, problèmes de peau, de digestion, impuissance sexuelle ou insomnies…la liste est longue. Avant toute perception dans le cerveau, c’est dans notre corps que nous ressentons l’effet direct de nos émotions.
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Tout comme la joie procure la détente ou la tristesse permet d’évacuer les toxines par les larmes, les émotions, instinct de survie, permettent notre adaptation, visent à nous protéger, à nous faire dépasser une situation difficile, à libérer notre énergie.
Des recherches neuro-cardiologiques récentes ont montré à quel point les émotions ont un impact important sur notre cœur qui est bien plus complexe que tout ce que l’on a pu apprendre sur lui.
C’est une petite usine à hormones qui perçoit, ressent, agit sur le cerveau et va influencer toute la physiologie de notre organisme. Notre coeur est capable de faire des ravages et le stress qui en découle est un facteur de risque pour la santé qui inquiète autant le corps médical que les entreprises.
Si le stress peut être une réaction normale de contrôle de l’organisme pour s’adapter à l’incertitude, un stress chronique peut avoir des conséquences tragiques. En cela, nous devrions nous tourner davantage vers une médecine des émotions, celle qui ne veut pas entendre parler d’anti-dépresseurs et qui fait davantage appel au langage du corps.
Nous avons, en fait, deux cerveaux, l’un émotionnel et l’autre cognitif.
Notre cerveau émotionnel, connecté à notre corps, décèle le danger, contrôle le rythme cardiaque, la tension artérielle, l’appétit, le sommeil, la libido, la respiration… et il semblerait que notre réussite dans la vie soit davantage due à l’intelligence émotionnelle qu’au QI. Maîtriser nos émotions, gérer notre frustration, coopérer avec les autres serait un meilleur gage de succès dans l’existence qu’une intelligence abstraite et logique
A partir du cerveau émotionnel, deux systèmes nerveux (sympathique et parasympathique), aussi importants l’un que l’autre, innervent les organes de notre corps, en ralentissant ou accélérant constamment notre cœur. Ce va-et-vient normal entre le cerveau émotionnel et le cœur, la variabilité du rythme cardiaque, est très sensible aux changements d’état émotionnel. Si nous ressentons des émotions positives, comme de l’amour ou une marque de reconnaissance, le nerf parasympathique, qui accompagne les états de relaxation et de calme, intervient pour ralentir le cœur et nos deux systèmes nerveux s’harmonisent, facilitant les fonctions de notre cerveau. Nous devenons alors davantage créatifs, plus concentrés sur ce que nous faisons, plus aptes à prendre des décisions.
Par contre, lorsque nous sommes anxieux ou en colère, le nerf sympathique libère l’adrénaline, accélère le rythme cardiaque et nos deux systèmes nerveux ne sont plus synchronisés. Dans ce cas, nous pouvons devenir incohérents dans nos réactions comme dans nos comportements.
Ce cerveau limbique, relié à nos émotions, est plus intime avec notre corps qu’il ne l’est avec notre cerveau cognitif (le conscient et le rationnel). Cependant, par éducation nous avons tendance à être méfiants vis-à-vis de nos émotions, quant à notre corps, il est bien souvent relégué au profit de la raison.
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Ce que nous ignorons, bien souvent, c’est que le cerveau émotionnel possède des mécanismes naturels d’auto-guérison que nous n’utilisons pas.
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Le rôle du coach est d’accompagner cette prise de conscience, d’aider à trouver le juste équilibre entre corps et émotions, d’aider à prendre en compte le rythme de la respiration qui affecte le rythme du cœur, au gré des émotions.
L’important n’est pas tant de maîtriser nos émotions mais d’en être conscient, de leur donner un sens, de trouver le juste équilibre. Sans tomber dans la méthode Coué, en faisant passer à la trappe les émotions négatives, il est bon de « revisiter » celles-ci avec recul, car en passant outre l’émotion, on s’expose à des retours qui peuvent entraver toute progression.
Travailler sur notre corps c’est influer directement sur notre cerveau émotionnel, pour adapter celui-ci au présent au lieu de persister sur des situations passées, ressassées, et bien souvent négatives.
Ces séances de coaching, deviennent encore plus percutantes lorsqu’elles font appel à des méthodes scientifiquement évaluées, telle la cohérence cardiaque.
Ainsi, l’institut HeartMath, en Californie, a mis au point une technique qui s’appuie à la fois sur la respiration et sur le déclenchement d’émotions positives, sorte de caméra des émotions.
Grâce à cet outil, les interactions cœur/cerveau sont enregistrées de la même manière qu’un électrocardiogramme et les effets des émotions positives et négatives sont automatiquement visualisées sur l’écran d’un ordinateur. Pour ce faire, une petite sonde optique est placée au bout d’un doigt (ou du lobe d’une oreille) et le graphe affiche à la fois l’activité des branches sympathique et parasympathique ainsi que la synchronisation, ou non synchronisation, de ces deux branches.
Visualiser, avec son client, les différents changements psycho-émotionnels, la frustration ou le bien être, permet au coach d’intervenir de façon efficace afin d’améliorer la stabilité émotionnelle de la personne qu’il accompagne.
D’une séance à l’autre, les progrès sont mesurés, essentiellement en ce qui concerne la gestion des émotions, la diminution du stress, mais aussi l’hyperactivité ou le contrôle de l’impulsivité…
Avec quelques semaines de pratique soutenue, la cohérence physiologique est mémorisée par le cerveau et se met en place de façon stable.
En effet, si nous prenons la peine de nous concentrer sur notre respiration, au niveau de notre cœur, en y ajoutant un sentiment positif, nous avons toutes les chances d’augmenter notre maîtrise de soi, notre efficacité et d’acquérir une meilleure gestion du changement.
En régulant le problème avant qu’il ne devienne pathologique, cette méthodologie a un impact non seulement sur l’individu mais aussi sur l’entreprise, dans le cas de stress collectif ou de dépressions fréquentes, surtout dans les périodes de grands changements d’organisation.
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Dominique MATTAR
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Psychologue du Travail et Coach, Dominique Mattar a débuté son parcours professionnel en tant que Responsable de Communication dans le secteur culturel (audiovisuel, musique, art contemporain) puis dans le luxe (haute couture, parfums).
Elle a ensuite dirigé, durant cinq ans, une entité dans le domaine de l'édition avant de poursuivre comme « chasseur de têtes » au sein de deux cabinets de conseil pluridisciplinaires.
Forte d'une expertise très large du monde de l'entreprise, de ses métiers et de ses organisations, elle exerce, depuis plus de 15 ans, dans le conseil. Elle a fondé Media Street , en 1995, et co-fondé l'association Dirigeantes. Membre titulaire et Administrateur de la Société Française de Coaching , elle est également membre des Femmes Chefs d'Entreprises Mondiales, chargée de cours au DESU (Conseil en RH & Coaching) à Paris VIII, et intervient au CPA/Groupe HEC.
Elle a été à l'initiative de la création d'un Institut de Management, au Mali (école qui fait actuellement référence en Afrique Noire).
Superviseur de coachs, certifiée MBTI et 360°, praticienne en systémique (Approche interactionnelle de Palo Alto); elle est par ailleurs référencée comme coach par le Heartmath Institut (Californie) pour la cohérence psycho-physiologique (cohérence cardiaque).
Parallèlement à son activité professionnelle, elle a toujours travaillé sur la relation au corps, la danse, la gestion du stress et des émotions.
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- Antonio R.Damasio : L’erreur de Descartes – Editions Odile Jacob - 2000
- Daniel Goleman : L’intelligence émotionnelle – J‘ai Lu - 1998
- David Servan-Schreiber : Guérir le stress, l‘anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse – Robert Laffont - 2003
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